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| Les onze familles (suite) | |
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Les Réales
À la commande
de Louis XIV et dans l'atmosphère de l'esprit moderne qui préside
aux grandes disciplines du XVIIe siècle, un nouveau
caractère susceptible de remplacer le Garamont, dont la création
remonte au règne de François Ier, fut créé
pour répondre aux nouveaux besoins de perfection des imprimeurs
face à la qualité des ouvrages produits à l'étranger,
notamment dans les pays du Nord de l'Europe. L'absolue beauté du
Romain du roi se devait de surpasser la qualité des productions
hollandaises de l'Imprimerie Plantin à |
À l'image de l'architecture du palais de Versailles, les travaux de Jaugeon font apparaître une grande rigueur dans la construction de chaque signe : la lettre d'imprimerie, jusque-là construite sur des fondements manuscrits et calligraphiques, se trouve précisément dessinée avec règle et compas dans des carrés divisés en 2304 carrés. Emprisonnée de la sorte dans une cage plus que contraignante, la lettre semble refléter les exigences d'un règne codifié à l'extrême : le Romain du roi répond à près d'un siècle d'absolutisme. Heureusement, les travaux de gravure de Grandjean adaptent intelligemment ces règles nouvelles parfois impossible à respecter sans outrager celles, fondamentales, de l'il et de l'équilibre des formes, de sorte que ce caractère si marquant de son époque constitue la référence d'une bonne part de la typographie moderne : les Baskerville, Didot, et autres Bodoni lui doivent beaucoup. |
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