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Pour la thérapie interférentielle, on utilise deux courants alternatifs de moyenne fréquence qui présentent une interaction. Par exemple, un a fréquence porteuse de 4.000 Hz, l'autre de 4.150 Hz. La superposition de l'un sur l'autre provoque une interférence. En effet, au point d'intersection des deux courants, un nouveau courant alternatif de moyenne fréquence apparaît dont l'amplitude est modulée. La fréquence porteuse résultante, vaut {f1 + ½ (f2 - f1)}. Ex : f1 = 4.000, f2 = 4.150, la fréquence porteuse résultante est égale à 4.000 + ½ (4.150 - 4.000), c'est-à-dire 4.075 Hz.
Afin de permettre la repolarisation, il faut interrompre le courant de moyenne fréquence après chaque dépolarisation ou réduire considérablement l'intensité. L'augmentation et la diminution rythmique de l'intensité sont appelées modulation d'amplitude. La fréquence de la variation d'amplitude constitue ce que l'on appelle la "fréquence de modulation d'amplitude (AMF)". L'AMF est égale à f2 - f1 et dans la thérapie interférentielle correspond aux fréquences utilisées dans la thérapie à basse fréquence. Donc le courant interférentiel est un courant de moyenne fréquence modulé en basse fréquence.
Profondeur de modulation et intensité de courant
Outre sa fréquence, la modulation d'amplitude se caractérise également par sa profondeur de modulation. Elle s'exprime en pour-cent (entre 0 et 100 %) et en thérapie il faut la plus grande profondeur de modulation possible, idéalement (100 %).
La
méthode bipolaire
Dans cette méthode, on utilise deux électrodes et la
superposition de deux courants alternatifs est réalisée dans l'appareil. Le signal de sortie est modulé et la profondeur de
modulation est la même dans toutes les directions, elle vaut 100 %. Cependant l'intensité de courant maximale, varie entre 0
et 100 %. Elle atteint son maximum dans l'axe reliant les électrodes et
elle est nulle dans la direction perpendiculaire à cet axe. La
méthode tétrapolaire
Dans cette méthode, on utilise quatre électrodes et
deux courants alternatifs non modulés sont produits par des circuits
séparés. L'interférence se produit dans le tissu au point d'intersection
des courants. La profondeur de modulation dépend de la direction des
courants et peut varier de 0 à 100 %. Elle sera de 0 % sur les axes reliant
les électrodes et de 100 % sur les axes à 45°. L'intensité du courant
n'est jamais nulle et est maximale sur les axes à 45°. La
méthode tétrapolaire peut être utilisé sous la forme classique, en vecteur
isoplanaire ou en dipôle vectorielle.
Lors d'un courant interférentiel, cette basse fréquence " artificielle " peut être elle même surmodulée. On peut, en effet, produire une gamme de basses fréquences comprises entre 0.5 et 200 Hz. Ainsi à partir de la première modulation, résultant de l'interférence de la moyenne fréquence, on peut réaliser une succession alternante de différents passages de cette basse fréquence de façon que ces passages successifs soient eux-mêmes de fréquence différente (2ème modulation ou surmodulation). Cette surmodulation est définie par le spectre, qui représente le balayage autour de l’AMF. Par cette surmodulation, on évite au maximum les phénomènes d'accoutumances qui se produisent aussi bien avec les courbes enveloppes de modulation (1ère modulation) de moyenne fréquence, qu'avec les courants de basse fréquence classique. Suivant les valeurs de cette modulation, on aura différents effets :
Mais attention si on utilise des fréquences fixes, il y a risque d'accoutumance après 4 à 5 minutes de traitement. Alors on utilisera un balayage de fréquence (surmodulation) avec un spectre large. Ex: variation entre 1 et 100 Hz. Dynamogénique sur troubles trophiques, épanchements, foulures et contusions.
Choix
de la méthode
On utilisera la méthode bipolaire, pour une
application :
On utilisera méthode tétrapolaire, pour traiter les articulations.
Sélection
de la fréquence porteuse
On prendra 2.000 Hz, lors de stimulation de l'activité
motrice et 4.000 Hz pour le reste. L'intensité devra être de modéré à forte mais
supportable. Le patient doit bien sentir les picotements. La durée est de
10 à 15 minutes.
Une exploration segmentaire mettant en évidence une hyperesthésie dans les dermatomes et myotomes, peut-être réalisée grâce à la moyenne fréquence. Le test utilisant un courant interférentiel est réalisé par la méthode bipolaire, au moyen d'une petite électrode active et une grande indifférente. On augmente l'intensité du courant jusqu'à ce que le malade ressente une vibration nette. La fréquence porteuse est de 4.000 Hz et la modulation fixe de 100 Hz. L'électrode active est déplacée lentement le long de la colonne vertébrale du cou vers le sacrum. Au niveau d'un myotome surstimulé, le malade éprouvera une sensation douloureuse profonde provoquée par le courant. Alors qu'il ressentira une douleur superficielle de type brûlure dans le dermatome correspondant.
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