Syndromes Rotuliens

Accueil Remonter Recherche Contacter

Accueil
Remonter

 

Le syndrome fémoro-patellaire est une des pathologies du genou la plus couramment rencontrée en orthopédie (pour Mc Connel, elle touche 25 % de la population). Le problème de ce syndrome, souvent sans spécificité, est d’en déterminer l’étiologie.

La pathologie rotulienne douloureuse pure sans troubles morphologiques majeurs et sans instabilité objective représente la majeure partie de la pathologie fémoro-patellaire.

La grande majorité des genèses du syndrome fémoro-patellaire réside dans la difficulté d’engagement de la rotule dans le rail trochléen lors des premiers degrés de flexion du genou. C’est le champ d’élection du traitement conservateur. La rééducation suffit à soulager durablement ou définitivement 80 % des patients. En cas d’échec de celle-ci, la chirurgie ne pourra que bénéficier de cette préparation kinésithérapeutique.

La rééducation devra se concentrer sur deux problèmes importants : la pression fémoro-patellaire et la stabilité latérale.

Données biomécaniques

La rotule fait partie de l’appareil extenseur ; son rôle est d’en augmenter l’efficacité en intervenant comme bras de levier et d’apporter une surface de contact et de glissement par son cartilage, diminuant ainsi les contraintes de frottement. La surface de contact articulaire de la rotule sur la trochlée est variable en topographie et en étendue. La surface augmente de 0° de flexion (environ 3 cm²) à 90° de flexion, où elle atteint la surface maximale (environ 12 cm²). Ce n’est qu’à partir de 30° de flexion que la rotule commence à s’engager dans la trochlée. Les sollicitations externes diminuent grâce à la rotation interne tibiale automatique.

Le rôle précis du Vaste Interne est controversé. Si la fonction stabilisatrice active de la rotule reste admise, le mythe du Vaste Interne, seul responsable des 15 derniers degrés d’extension, est fortement contesté.

C’est essentiellement la portion inférieure du Vaste Interne qui stabilise la rotule et l’attire vers l’intérieur. L’amyotrophie du Vaste Interne, qui touche les fibres de type I, permet le déplacement de la rotule sur le versant externe (tendance naturelle due, essentiellement, à l’obliquité de la traction du Quadriceps) et ainsi augmente les contraintes responsables du syndrome fémoro-patellaire. N’oublions pas que l’amyotrophie précoce du Vaste Interne n’est que le reflet  d’une amyotrophie globale du Quadriceps. La douleur entraîne une inhibition réflexe du Quadriceps, pouvant aller jusqu’au dérobement. Il s’en suit une désynchronisation de l’unité musculo-articulaire, entretenant cette souffrance fémoro-patellaire dans un cercle vicieux. Ce cercle vicieux ne pourra être interrompu que par une prise en charge rapide et globale du Quadriceps devenu incompétent à stabiliser la rotule.

Traitement

Avant tout, il faut s’assurer que le pied ne soit pas en hyperpronation. En effet, cela peut-être la cause du début du problème. Dès lors, je suggère une consultation de podologie afin de vérifier si une correction ne s’avère pas nécessaire.

Il faut savoir qu’il n’existe pas de protocole standard, pas de « recette de cuisine ». La rééducation doit toujours être adaptée au patient.

Le schéma général peut se diviser en 3 phases (en moyenne, une vingtaine de séances) :

Phase 1 (± 5 séances)

Pendant cette phase, la sédation de la douleur ainsi que sur le renforcement du Vaste Interne sont prépondérants.

La douleur peut-être efficacement combattue par un TENS de type Gate Control (fréquence de 100 Hz en modulé, largeur d’impulsion 100 µsec, intensité modéré pendant 30 minutes). Les électrodes sont placées de part et d’autre du genou. On peut également utiliser le courant de moyenne fréquence (tétrapolaire, vecteur isoplanaire, AMF 80 Hz, Spectre 40 Hz, durée du spectre 1 à 2 sec, Intensité élevée, durée 8 à 10 min). Pour éviter le risque d’accoutumance, on peut alterner TENS et moyenne fréquence.

Le renforcement du Vaste Interne, en vue d’un recentrage rotulien interne par ses fibres inférieures, sera favorisé par l’utilisation de l’électrostimulation.

A cet effet, on utilise un courant biphasique symétrique compensé en monopolaire actif (une petite électrode sur le point moteur du Vaste Interne et une grande à l’extrémité proximale du Vaste Interne). A ce stade la fréquence est faible (obtenir juste une trémulation), il ne faut absolument pas rechercher la tétanisation des fibres de type I ce qui risquerai d’accentuer la douleur. Le genou est positionné en flexion entre 60° et 90°.


 

 

 

 


Temps de travail

 

 

 

Intensité

Durée

Larg. Imp.

Temps de Rampe

Plateau

Temps de Descente

Repos

Fréq. Travail

Fréq. Repos

Modérée

3’

300 µsec

--

--

--

0

6 Hz

--

Maximale

15’

300 µsec

2 Sec

2 Sec

2 Sec

12 Sec

15 Hz

3 Hz

Modérée

5’

300 µsec

--

--

--

0

3 Hz

--

 

Il convient également de réaliser des étirements, légers, pour le Quadriceps et le TFL tout en vérifiant qu’il n’y ait pas de rétractions de l’aileron rotulien externe.

Phase 2 (± 5 séances)

Dans cette phase de transition, on peut intensifier le renforcement du Vaste Interne par une modification des paramètres (on va se rapprocher de la fréquence de tétanisation) ; de plus on demande au patient (assis) d’accompagner le mouvement pendant la contraction, de 90° à 30°.

 

 

 

 

Temps de travail

 

 

 

Intensité

Durée

Larg. Imp.

Temps de Rampe

Plateau

Temps de Descente

Repos

Fréq. Travail

Fréq. Repos

Modérée

3’

350 µsec

--

--

--

0

6 Hz

--

Supra-Max

15’

350 µsec

2 Sec

3 Sec

1 Sec

12 Sec

25 Hz

3 Hz

Modérée

5’

350 µsec

--

--

--

0

3 Hz

--

 

Notons qu’à ce stade, il est toujours utile de réaliser un travail inspiré des schémas de Kabat (par ex : en assis, extension du genou + dorsiflexion de la cheville et adduction du pied).

Bien sûr, on ne négligera jamais les étirements !

Phase 3

Cette phase se caractérise par une intensification des exercices précédents afin obtenir un gain de force. A ce stade, on doit obtenir le recrutement maximal des fibres de type I essentiellement, mais les fibres de type II pourront également être stimulée.

 

 

 

 

Temps de travail

 

 

 

Intensité

Durée

Larg. Imp.

Temps de Rampe

Plateau

Temps de Descente

Repos

Fréq. Travail

Fréq. Repos

Modérée

4’

400 µsec

--

--

--

0

8 Hz

--

Supra-Max

20’

400 µsec

2 Sec

6 Sec

1 Sec

20 Sec

35 Hz

3 Hz

Modérée

6’

400 µsec

--

--

--

0

3 Hz

--

 

En fonction de l’évolution, le réentraînement à l’effort et les exercices proprioceptifs trouvent leur justification. Le Quadriceps est travaillé dans toute son amplitude. En préconisant le travail en chaîne fermée (moins contraignant pour l’articulation fémoro-patellaire) ainsi que le travail excentrique. Le travail sur une presse en demandant de retenir la descente de la charge en est une belle illustration. La pliométrie est également très intéressante à ce stade.

Bibliographie

·         GAL C. ; Le traitement conservateur dans la pathologie fémoro-patellaire : aspects théoriques et pratiques ; Kinésithérapie Scientifique 2001, 411, p 20-26

·         HÄGGMARK, JANSSON, ERIKSON ; Fiber type area and metabolic potential of the thigh muscle in man after knee surgery and immobilisation ; Int. J. Sports Med. 1981

·         MANDRINO A. ; Anatomie et biomécanique de l’articulation fémoro-patellaire ; Kinésithérapie Scientifique 2001, 411, p 5-8

·         Mc CONNELL J. ; The management of chondromalacia patellae : a long term solution ; Aust. J. Physiother. 1986, 32, p 215-223

·         POWERS CM. ; Rehabilitation of patello-femoral joint disorders : a critical review ; J. Orthop. Sports Phys. Ther. 1998 Nov, 28 (5), p 345-354

·         VANDERHAEGEN J-C. ; La kinésithérapie face à la subluxation externe de rotule ; Kiné 2000, Vol. 5, 94/1, p 21-25

·         VENGUST R., STROJNIK V. et Al. ; The effect of electrostimulation and high load exercices in patients with patellofemoral joint dysfunction. A preliminary report ; Pflugers Arch 2001, 442 (6 Suppl 1), p153 – 4

·         VERET F., SCHMID D. ; Syndrome rotulien et isocinétisme ; Méd. Phys. & Réad. 1998, 46/1, p 14-16

·         WESTERCAMP F. ; Rééducation du syndrome femoro-patellaire du sportif ; Université de la Rochelle 1997

·         WITVROUW E., SNEYERS C. et Al. ; Comparative reflex response times of vastus medialis oblique and vastus lateralis in  normal subjects and in subjects with patello-femoral pain ; Orthop. J. Sports Phys. Ther. 1996, 24 (3), p 160-165

·         XHARDEZ Y. ; Les problèmes fémoro-patellaires ; Kiné 2000, 91/3, p 14-15

 

BIBLIOGRAPHIE          SOMMAIRE           LIENS

 

Accueil Remonter Recherche Contacter

Pour toutes questions ou remarques concernant ce site et / ou l'électrothérapie, vous pouvez envoyer un E-MAil à Elio di Palma.
Copyright © 2000 Elio di Palma