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O.E.M. Ath.

 

DEFINITION

 

Le mot LASER est en fait l'acronyme de " Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation ", ce qui signifie que l'utilisation de la technique dite d'émission stimulée nous permet d'amplifier la lumière, et donc de produire de la lumière qui peut transporter une énorme quantité d'énergie.

Si l’on compare la lumière ordinaire à la lumière laser, on peut dire (de façon simplifiée) que la lumière laser est beaucoup plus intense, dirigée, monochromatique et cohérente.

La lumière émise par une source normale, comme par exemple une bougie ou une lampe, est composée d'ondes non coordonnées de différentes longueurs d'onde, n'est pas cohérente et est plus ou moins blanche.

Les ondes de la lumière laser, par contre, sont coordonnées dans l'espace et dans le temps. Cette cohérence, la pureté de couleur ainsi que l'intensité de la lumière laser sont dues au fait que, dans un milieu laser, on rencontre des atomes qui sont stimulés en même temps pour rayonner volontairement la lumière, et ce avant qu'ils n'aient eu le temps de le faire spontanément et indépendamment.

La lumière laser possède une couleur pure (monochromie). Aucune lampe normale ne peut produire de la lumière monochromatique. C'est précisément cette monochromie qui est essentielle et inhérente aux applications laser.

En laser-thérapie, nous utiliserons surtout des rayons situés dans le spectre rouge et / ou infrarouge. Le choix judicieux de ces longueurs d'onde a non seulement des conséquences physiologiques, mais également des avantages physiques car, dans ce spectre, l'absorption de l'eau est minime. Etant donné que le rayon laser doit pénétrer notre corps (milieu aqueux), il est préférable de choisir une lumière laser de couleur rouge et infrarouge.

 

EFFETS THERAPEUTIQUES

 

Les effets thérapeutiques de la lumière laser, rouge et infrarouge, peuvent être résumés comme suit :

 

Effet anti-inflammatoire

Dans son étude, le Prof. H. Klima, de l'Université de Vienne, a pu démontrer que les cellules concernées (leucocytes polynucléaires et macrophages mononucléaires) émettent, lors de leur action - la phagocytose -, de la lumière ayant la longueur d'onde de la lumière rouge jusqu'à infrarouge. Il affirme que ce sont les composants oxygénés réactifs produits par le métabolisme oxydatif des phagocytes qui entreront en action après stimulation de la membrane des phagocytes. Ces composants oxygénés réactifs sont extrêmement destructeurs pour de nombreux micro-organismes. Un aspect important de ces composants est leur instabilité relative produisant une émission de lumière : la chimiluminescence.

On peut donc conclure que l’utilisation de lumière laser appropriée, située dans la partie rouge et infrarouge du spectre, influencera le mécanisme de défense naturelle en stimulant la phagocytose. Cela amènera une amélioration plus rapide de nombreux états inflammatoires.

Mais en plus de cela, de nombreux auteurs ont relevé également une augmentation du nombre de lymphocyte T et du taux des immuno-globulines. Et ce serait l’association de tout cela avec en plus l’augmentation de la microcirculation qui aboutirait à l’effet anti-inflammatoire.

 

Effet anti-oedémateux

On est frappé par le fait que les irradiations au laser n'entraînent aucun changement dans la contractilité des vaisseaux où il n'y a pas d’œdème. Par contre, si nous causons un œdème au moyen d'une injection avec un liquide physiologique, une irradiation au laser a une influence importante et sélective sur la vasomotricité des vaisseaux lymphatiques : le diamètre des vaisseaux lymphatiques est doublé de telle façon que l'évacuation des protéines est également doublée. L'évacuation des protéines, dans le cas d’œdème, est très importante, étant donné que leur présence dans les tissus entraînera la formation de tissus fibreux.

 

Amélioration de la circulation

Les rayons laser du type IR sont également appliqués avec un bon résultat dans les affections où la microcirculation est primordiale. Ces affections évoluent vers le même stade final, l'occlusion totale du vaisseau sanguin.

Dix patients présentant un syndrome de Raynaud ont été examinés, ces patients ne présentant pas d'autres pathologies significatives. Cinq jours avant le test, la prise des médicaments fut suspendue. Les patients subirent une photoplétismographie digitale et une capillaroscopie périunguéale. Ces tests furent exécutés dans des conditions standardisées avant et après stimulation au laser. Le rayon laser était dirigé pendant trois minutes sur les articulations interphalangiennes proximales. On trouva chez tous ces patients une nette augmentation du flux sanguin.

 

Cicatrisation des blessures

On remarque également, après un traitement au laser, que les cicatrices, ulcérations et autres blessures ouvertes se ferment beaucoup plus vite.

On peut également noter que suite à un traitement laser lors de processus de cicatrisation, on observe un accroissement de la synthèse de DNA et de RNA, une augmentation de l’activité enzymatique, une augmentation du taux de fibroblastes et une augmentation de la formation de collagène. Il est évident que ceci permet une régénération et une cicatrisation plus rapide et de meilleure qualité.

 

Effet antalgique

L'effet antalgique va de pair avec l'effet anti-inflammatoire et l'effet anti-oedémateux. Inflammation et gonflement sont deux symptômes qui se produisent en même temps et dont la plainte subjective est la douleur. En agissant sur un ou plusieurs symptômes, le cercle vicieux négatif est interrompu et le processus de guérison peut commencer. Dans certains cas, l'action sédative de la lumière laser sera spectaculaire, surtout dans les cas d'affections aiguës, immédiatement après les premiers traitements.

Certains auteurs ont relevé que le traitement laser provoque une augmentation du taux d’endorphine, et une modification de la conductibilité nerveuse. Ceci provoquant une analgésie.

Par contre, dans les affections chroniques, on peut observer une aggravation de la douleur après les premiers traitements. Si on continue quand même le traitement, on constate alors une diminution évidente.

 

LES PARAMETRES OPTIMAUX

 

La puissance :

Ce paramètre est extrêmement important puisqu’il va définir l’activité et l’efficacité du traitement. La dose optimal pour un traitement est d’environ 2 à 3 Joules par cm² et ne doit en aucun cas dépasser les 6 Joules.

La puissance effective se calcule comme suit (pour les deux types de laser les plus couramment employés) :

 

Les laser (Ga-As) 904 nm : ce sont des laser ayant une production pulsée et en général les caractéristiques suivantes, une puissance de crête (Pc) de 10 W, une fréquence (F) de 1 à 10.000 Hz et une largeur d’impulsion (Li) de 200 nanosecondes (10-9 s). La puissance effective (P) correspondra donc à la puissance moyenne (Pm). Pm = Pc x Li x F . Exemple : pour une fréquence de 10.000 Hz, la Pm sera de 10 x 200 10-9 x 10000 = 20 mW.

Les laser (Ga-Al-As) 830 nm : sont des laser continu et leur puissance est égale la puissance effective. Celle-ci variant de 30 à 400 mW suivant la sonde choisie.

 

L’énergie que le patient recevra est égale à la puissance effective multipliée par le temps : l’énergie (en Joule) = P (w) x temps (s). Ceci démontre que plus la puissance effective sera élevée plus la durée du traitement sera faible.

 

La profondeur de pénétration :

La profondeur d’action est la meilleure à 780 nm, mais à 830 et 904 nm il n’y a pas grande différence.

 

La stimulation de la synthèse de DNA et RNA :

La stimulation maximale est observé pour une longueur d'onde de 760nm. A 830 nm on est légérement moins efficace et encore un peu moins à 904 nm.

 

INDICATIONS

 

Déchirure musculaire

Contusions

Entorses

Synovites

Tendinopathies

Pubalgie

Escarres

En général, les pathologies fraîches et superficielles.

 

CONTRE-INDICATIONS

 

Les tumeurs, les infections aiguës et les patients sous traitement par agent activateur de la photosensibilité.

On se méfiera des utérus gravides et des patients épileptiques.

 

MODALITES D'APPLICATION

 

Faire très attention à ne pas diriger le faisceau vers les yeux. En effet, un rayon laser de 1 mW correspond à la même irradiation de la cornée que le ferait une ampoule de 500 W.

Comme le rayon laser est punctiforme, on ne traitera pas une zone mais des points. Il existe, 3 points à traiter :

Les points objectifs : points de tension anormale, ressentis par le praticien lors de la palpation

Les points subjectifs : points décrits comme douloureux par le patient lui-même

Les triggers-points : établis selon une cartographie précise

Dès lors, la première chose à faire est de déterminer les points qui seront traités.

Ensuite on décide de la dose à irradier et en fonction de cela et du type de laser dont on dispose, on calculera le temps. En sachant qu’en général on utilise 1 à 2 Joules par point à l’exception des triggers points 0.6 à 1.2 J par points et les escarres 1 joule par cm².

La sonde sera appliquée sur la peau avec une force de manière à créer une dépression de la peau de 0.5 à 1 cm.

Afin d'éviter, une trop grande réflexion du rayon laser il faudra impérativement :

Que le rayon soit dirigé perpendiculairement à la zone à traiter. Une inclinaison supérieure à 10°, par rapport à la perpendiculaire rendrait toute pénétration nulle.

Dégraisser la peau.

Les séances ne peuvent être journalières, car il y a superposition de la dose à la dose résiduelle et on aurait un effet négatif. Le nombre de séance se situe entre deux et trois fois par semaine.

Toujours avoir à l’esprit que lors d’un traitement d’une affection chronique, les premières séances peuvent augmenter la douleur.

 

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