Mise en ligne le 09/03/2004
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Lower Forty-Eight "Skin Failure" (Monotreme Records – Konkurrent)
Le voilà à son deuxième album d’un mélange de punk, de metal, de hardcore, … le tout bien concocté. Le trio de Lower Forty-Eight, originaire de San Francisco, nous entraîne dans un univers saturé de guitares hurlantes dès le début avec "If I Dare". Des riffs puissants accompagnent une batterie soutenue et le tout est agrémenté d’une voix solide bien placée ! Lower Forty-Eight jongle d’un style à l’autre de titre en titre. Passages avec lourdes rythmiques de guitare, intros légères, couplets bien carrés, … On est face à une musique assez diversifiée ce qui fait de cette album un agréable passe-temps. Avertissement à ceux qui recherchent le mélange de styles, certains titres de cet album pourraient les intéresser ! "Echolalia" par exemple, où l’on est parfois entraîné dans une musique un peu jazzy, noisy, à la limite d’une démarche expérimentale. Lower Forty-Eight essaye tout, les duos basse/batterie parfois accompagnés d’une légère présence de la guitare sont succédés de rythmiques soutenues où la guitare, plus que saturée, est en permanente émulation avec la voix ! Seule déception si l’on peut appeler cela comme ça, il semblerait que le groupe n’est pas dans sa grande forme d’un point de vue créativité puisque "Skin Failure", fait à peine 38 minutes alors que le précédent durait presque une heure ! Malik
Logh "The Raging Sun" (Bad Taste Records - Conspiracy)
Issu de Scandinavie, Logh sort un second album mixé par John Congleton, assistant de Steve Albini mais aussi impliqué dans des projets aussi divers que Mary J. Blige, Erykah Badu, Bono ou R. Kelly ! Mais ici c'est un autre monde. La musique et les paroles de Logh sont l'œuvre d'un même personne : Mattias Friberg. Alternant les ambiances low rock et lo-fi avec peu d'instruments (essentiellement guitare, piano, batterie), il se déchaîne parfois dans un rock dur, sec, intransigeant ce qui donne assez de diversité à l'album (disponible aussi sous la forme LP). Sans être particulièrement sidérant, Logh maintient l'intérêt et convainc sur quelques uns des dix titres. CJ
Matchbook Romance " West For Wishing" (Epitaph – PIAS)
Premier album pour ce quatuor américain qu'on a déjà connu sous le nom de The Getaway. Premier album aussi sous la houlette de Brett Gurewitz. Un premier album de qualité sans grande révolution. Une sorte de punk-rock aux relents émo avec de bonnes mélodies bien mises en valeur par la voix du chanteur Andrew Jordan. C'est frais, enjoué, bien balancé, ça accroche bien les oreilles mais bon, ce n'est pas le nirvana (sans mauvais jeu de mot). LS
Matt Elliott "The mess we Made" (Domino – Munich Records)
Matt Elliott, un des personnages qui a changé ma façon de voir (enfin surtout d’écouter) la musique quand sous l’alias de Third Eye Foundation il mêlait pulsations trip-hop/drum’n’bass, nappes de synthés dark et samples hallucinants en pagaille. L’album "Ghosts" était et reste un monument du genre mais aussi un inquiétant témoignage de l’état de confusion mentale de son auteur au moment de sa réalisation. Une sorte de bad trip musical par excellence. Sur son successeur nettement plus apaisé "You guys kill me" il remerciait d’ailleurs la psychiatrie (ou les psychiatres) ! Exit donc la fondation du 3ème œil, Matt Elliot se montre à présent au grand jour sans se cacher derrière quelque pseudo que ce soit. Mais si l’impression de schizophrénie ou d’aliénation ressentie auparavant à l’écoute de sa musique s’est dissipée, on ne peut pour autant parler d’une sérénité retrouvée tant elle reste imprégnée d’une si grande tristesse. Une mélancolie dangereusement contagieuse qui rend la chronique de cet album particulièrement pénible, mais l’envie de partager les émotions finit tout de même par triompher. A l’exception du virage house (oui oui !) feutrée et minimaliste sur "Also ran" ou des breakbeats venus booster la plage titulaire, on constate d’abord que les textures utilisées sur "The mess we made" sont principalement acoustiques (piano, guitare sèche,cordes). L’électronique restant discrètement présente en arrière-plan dans le traitement de ces sonorités (filtres et effets subtils/surprenants) ou dans l’habillage sonore. Ensuite on remarque la présence de plusieurs parties vocales féminines ou masculines (on croirait entendre Tom Waits en ouverture), chose peu commune à T.E.F, renforçant le format "chanson" des morceaux. Pour le reste, on est toujours plongé dans ces ambiances cinématographiques si prenantes, si particulières comme sur "The sinking ship song" où l’on croirait être sur un navire en train de couler, en compagnie d’une bande de marins ivres. Matt Elliott évolue, surprend tout en continuant à poursuivre son œuvre, bande son idéale pour toutes les âmes égarées. Pas sûr qu’elle vous aide à (re)trouver votre chemin mais au moins vous vous serez fait un compagnon de route. PB
Metallica "St-Anger" (Vertigo)
Tout et (surtout) n’importe quoi a été dit ces dernières années sur Metallica : "ils ne font plus du vrai metal", "ça n’est plus le même groupe qu’au début", "ils ont perdu la hargne", etc. Ces remarques me semblent toutes plus débiles les unes que les autres. En effet, comment la bande à Hetfield pourrait reproduire en 2003 et à plus de quarante ans le même album qu’il y a 20 ans ? C’est totalement impossible et tant mieux. A la sortie du mythique "Kill’em all", les membres de Metallica frisaient tous avec les 20 ans et avaient tout à prouver. A l’heure de la sortie de ce "St-Anger", ils commencent à avoir des cheveux grisonnants et ils ont vendus des tonnes de cd. On l’aura donc compris, comparer le Metallica des débuts avec celui d’aujourd’hui est un non-sens total. Concentrons nous maintenant sur la cuvée 2003. "St-Anger", tout en revenant un peu aux sources du groupe, surtout pour l’agressivité des compos, marque une évolution pour les "Four Horsemen" : cet album est à mon sens bien plus un album de gros rock à forte tendance metal qu’un disque de trash/metal. De "Frantic" à "Sweet Amber" en passant par l’énoooorme "Some kind of monster", Metallica s’est visiblement fait plaisir et à nous aussi par la même occasion. Un album à conseiller à tous les amateurs de rock au sens large du terme et aussi aux fans de la première heure, du moins à ceux qui ont compris que les années passent pour tout le monde, même pour Metallica. John
Michel Drucker Experience "# 1" (Druckerphonic - Bang !)
Quel nom ! Et derrière lui se cache un projet élaboré dans la région hutoise. Les musiciens jouent sous le couvert de l'anonymat et seuls les noms de Rudy Coclet (mastering) et du regretté Jean-Pierre Catoul apparaissent. J'ai découvert, intrigué, ce groupe avec l'extraordinaire (n'ayons pas peur des mots) "Au centre du monde" que Radio 21 a largement diffusé. Un titre que je considère comme une des plus belles choses jamais écrites, et pas rien qu'en Belgique : sa construction, son refrain, tout est simplement merveilleux. Tout l'album est d'une richesse musicale à en donner le tournis à certains et il baigne dans une atmosphère psychédélique, pop, rock avec des touches d'électronique, des cordes et de formidables parties de guitares en soutien ou en solo. Le groupe alterne les chants féminins et masculins en français mais rien ne les rattache vraiment à une quelconque scène continentale. Pour preuve cette reprise grandiose du "Eight Miles High" des Byrds et cet hommage aux Boo Radleys transpercé d'une ligne du classique "The days of Pearly Spencer". Magnifique et sublime sur certains titres. CJ
Mille Feuille " s/t" (Arnaud Laumont,9 Rue du Val-André,52000 Chaumont – France) - MCD
Ce groupe est une découverte pour moi car avant de recevoir ce cd 4 titres, je ne connaissais même pas le nom du groupe. Il m'est aussi très difficile de vous en dire plus car je n'ai rien trouvé qui pouvait m'aider dans ma recherche sur internet. Sinon, Mille Feuille est un duo qui nous livre une musique froide, répétitive, qui met mal à l'aise l'auditeur. La base du projet sont des samples bruitites où tous les sons sont froids, très aigus. Les percussions, sont très métalliques. Le chant-parlé renforce cette impression de malaise et le violoncelle est utilisé dans un esprit de "bruit". Si vous aimez ce genre de noise expérimentale, Mille Feuille sera une découverte intéressante. LS
Mint "Dragon's Lair" (Green L.F. Ant Records - Bang !)
En l'an 2000, Mint a été finaliste du Rock Rally d'Humo et à manqué de peu le podium. Voici leur troisième single (3 titres) annonciateur d'un album en 2004. Un single qui cartonne déjà sur les radios néerlandophones et que je vous conseille de découvrir si vous aimez le rock mélodique dans la veine de groupes comme Travis ou les Go-Betweens mais aussi avec une pointe des Smiths (les claviers en plus) sur "Miel song". Vivement l'album. CJ
Monno "Candle Light Technology" (Subdeviant Recordings - Conspiracy)
Un groupe Suisse dont les quatre musiciens se partagent sax ténor et soprano, ordinateurs, basse et batterie. Voilà qui détonne dans la composition mais il y a mieux puisque cela détonne aussi dans la musique. Monno plante ses banderilles dans un univers mélangeant bruitage, free jazz, vide cosmique, indus et délirant pour en ressortir avec des sonorités organiques, dures. Ou du calme ! Cela sent l'impro ou/et la recherche, le fond sonore pour films glauques (du style de la cassette démoniaque dans "Le cercle"). Bref, hors de tous les sentiers battus et certainement à voir sur scène. Pour le plaisir de se faire massacrer les tympans et vivre (ou survivre) encore une fois à quelque chose hors des normes. CJ
Monochrome "Ferro" (Transsolar Records - Conspiracy) - EP
Toujours sur le fil du rasoir entre un punk noisy et des choses plus pop mélodiques, voici un nouveau cd (7 titres) quatre ans après leur premier album, seulement suivi d'un single en 2001. Bénéficiant d'une belle présentation (digipack et cd transparent) Monochrome prend le temps de construire ses chansons afin qu'elles soient abouties et rallient du monde derrière elles. Le contraste entre voix féminine et masculine est aussi évident que celui entre les aspects rock et pop qui parcourent ces titres sur lesquels les guitares sont mises à l'avant-plan. Et suivant que vous penchiez plus pour les morceaux fougueux ou ceux plus mélodiques le choix devra s'opérer. CJ
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