Mise en ligne le 09/03/2004
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Guilty Connection und Tabata " s/t" (Evenstilte Records - Mandaï Distribution)
Rencontre surprenante et réussie entre deux personnages importants de la scène noise japonaise. D'un côté, on a Guilty Connector alias Kohei Nakagawa (qui a déjà notamment joué avec Bastard Noise) et de l'autre Tabata Mitsuru, l'un des plus fameux guitaristes noise qui officie notamment dans Zeni Geva. Et quand on parle de noise, c'est vraiment bien de ça qu'il faut parler. On a droit à 8 aventures "bruitistes" dans lesquelles il est difficile par moments de s'y retrouver. Mais en écoutant bien et si vous aimez un tant soit peu le style, vous découvrirez un fil conducteur au sein de chaque morceau. Ce disque est vraiment fait pour les accros du genre. LS
Hands Of Time " I Am a hideous Monster" (Off The Hip)
Reçu directement d'Australie, ce disque est une véritable jouissance pour tout amateur de rock-garage qui se respecte. Cela fait 15 ans que ces musiciens traînent leur garage-punk avec des groupes comme The Philisteins, The Freeloaders et Seminal Rats. A acheter les yeux fermés si vous aimiez bien le label Crypt. LS
Hary Lime " 13 Bag Movie Master" (Alternate Records - Mandaï Distribution)
Grâce au distributeur belge Mandaï, nous découvrons Harry Lime via ce deuxième album. Ce quintet danois commence petit à petit à se faire un nom chez lui, la preuve avec son apparition l'année dernière au célèbre festival danois Rockilde. Mais il devrait aussi tout doucement se faire un nom chez nous grâce à ses qualités musicales qui vont un peu dans tous les sens. Après un entrée en matière très post-rock avec le titre "13 bag Movie Master", on passe à un morceau plus noisy avec des guitares très en avant ("Gravity Explodes") pour filer vers un morceau assez psychédélique et ainsi de suite. Un album très éclaté avec des prédominances psychédéliques, noisy et pop très importantes. La reprise "Fuzzy" de Grant Lee Buffalo est elle aussi de qualité. Un très bel album. LS
Hatebreed "The rise of brutality" (Roadrunner)
Bien que sortant moins d’un an après "Perseverance", ce nouvel album d’Hatebreed était très attendu. Le titre, "The rise of brutality" annonce la couleur d’entrée de jeu. A juste titre d’ailleurs. Un peu moins metal que "Perseverance", cet album marque un retour vers un hardcore assez old school, avec des chansons dédicacées aux dinosaures du genre (Agnostic Front , Sick of it all ). Une connotation assez hardcore donc sur l’ensemble du disque, avec tout de même quelques bons morceaux orientés metal (surtout le monstrueux "Doomsayer"). En gros, du pur Hatebreed comme on l’aime mais qui commence peut-être déjà à lasser certains. En effet, la simplicité des morceaux et des riffs ne permet pas vraiment à l’auditeur d’écouter ce disque des centaines de fois sans s’ennuyer. "The rise of brutality" est à écouter épisodiquement, pour se défouler convenablement sur du gros metalcore taillé pour les "moshpit" ! John
Hello Goodbye " Heart Attack" (Racing Junior - Bang!)
Ce trio suédo-norvégiens nous propose une musique simple mais efficace. Quelques accords, un voix juvénile et c'est parti. C'est très garage-punk minimaliste des années 60. La chanteuse Lisa Lundkvist joue sur sa voix fragile et elle pousse tellement celle-ci dans ce sens-là qu'on est souvent proche du faux. Mais on a l'impression que ceci n'est qu'un jeu. A côté de cela, lorsque Frod Fivel le guitariste intervient au niveau du chant, on est plus proche de morceaux folk, voire par moments du Velvet Underground. Et entre les deux, on découvre des morceaux aux ambiances douces. Un bon album. LS
Homeboys " Breaking Away" (Crash Disques - Bang!)
Ce deuxième album des français de Homeboys nous permet de découvrir un groupe qui atteint une certaine forme de maturité dans la manière de rendre son punk-rock mélodique mais fougueux. Ce deuxième album salue aussi l'arrivée d'un second guitariste et cela s'entend. Les guitares sont moins speedées mais plus accrocheuses et mieux calibrées. Avant on avait un peu l'impression qu'on avait lâché un jeune étalon au milieu d'une grande plaine. Maintenant, on sent que la bête a grandi et qu'elle sait quand il faut lâcher la bride. Il faut aussi préciser que le son qu'a concocté Fred Norguet est d'une précision d'orfèvre. Avec les Homeboys, on peut sans problème penser que la relève de la première génération punk-rock française avec à leur tête les Burning Heads est bien là. LS
Iran "The Moon Boys" (Tumult Records . Conspiracy)
Second album pour ce groupe destructeur de San Francisco. Destructeur en ce sens que leur musique est difficilement supportable, écoutable. Sur ces "chansons" et selon leur label et par rapport au premier cd, le groupe a laissé le pan bruitiste en arrière pour laisser filtrer la "pop lo-fi" mais ce sont surtout des "choses" déstructurées qui sont proposées. Une référence imaginée - toujours par le label - ressemble à ceci : "Lou Barlow accompagné par Throbbing Gristle". Et j'acquiesce. Ceci est absolument hors norme, audacieux, unique, bordélique et expérimental. Un ovni. CJ
Iron Maiden "Rick In Rio" (Emi)
Iron Maiden en live, au Brésil, au mieux de sa forme depuis le retour du chanteur Bruce Dickinson sur un double cd (21 titres dont deux compatibles avec pc). Tout y est : les classiques du groupe, les duos de guitares, un package spécial et la participation d'un public qui démarre comme pas deux pour soutenir le groupe ou faire les chœurs. Parfois c'est même impressionnant ce qu'il apporte au morceau. Il méritait cet album comme souvenir. CJ
Jack "The End Of The Way It's Always Been" (Les Disques du Crépuscule - Bang !)
Le duo formé par Anthony Reynolds et Matthew Scott s'est forgé un son, des ambiances et il sait aussi s'entourer. Pas spécialement par des noms très connus mais par des gens efficaces. Je pense ici à la voix de Kirk Lake, à celle de l'écrivain Dan Fante, au violoniste Ruth Gotlieb (Thindersticks). Un assemblage musical qui se rapproche sur quelques titres d'entrée du monde de 48 Cameras (de par la narration) mais qui est essentiellement ancré dans la pop anglaise dans ce qu'elle a de plus majestueux, de plus subtile et de plus intense. Sur des supports mixant l'électronique et des samplings avec des instruments, de nombreuses voix contribuent à la diversité et à la qualité d'un album dont on se demande comment aucun titre n'est devenu un hit single. Trop complexe pour de la pop ? Encore une de ces énigmes qui font que de nombreux très bons albums restent dans l'ombre. CJ
James Blood Ulmer, Rodolphe Burger & Meteor Band "Blood & Burger" (Dernière Bande - Bang !)
L'impensable réunion. Et chapeau à Rodophe Burger de l'avoir faite. Le leader de Kat Onoma qui s'associe avec le guitariste bluesy (et rock) et son groupe, cela fait un choc des planètes. Et cela donne un sacré bon disque. Je dirai même deux disques parce qu'ils n'ont composé qu'un seul titre ensemble et que cela s'entend : on passe d'un titre carrément Ulmer (blues rock sous tension) à un autre issu de l'univers spécifique de Burger. Seules les guitares des deux hommes se complètent sur tous les titres. Et ils se mettent d'accord sur une reprise des Stones : "Play with fire". Et puis il y a les voix : celle de James : fantastique, ultime, chevrotante qui évoque Roger Chapman; celle de Rodolphe qui déclame plus qu'il ne chante de superbes textes (dont un d'Eugène Savitzkaya). Puis il y a ces ambiances : crues, roots, parfois funky pour l'un et mélodiques, léchées, feutrées pour l'autre. Mais plus les titres défilent, plus la notion d'entité se fait sentir et meilleur ce cd devient. Comme s'il avait été conçu pour donner vie à une nouveau groupe. A noter que certains titres sont live et qu'il y a une vidéo en bonus (Cheering - live au New Morning). En tout cas ceci me donne vraiment l'envie de voir James Blood Ulmer en concert. J'envoie cette chronique aux organisateurs du Boogietown. On ne sait jamais. CJ
Joe Strummer & The Mescaleros " Streetcore" (Hellcat Records – Epitaph)
Pour la musique, la disparition de Joe Strummer a été une perte énorme, inchiffrable tant il a apporté et devait encore apporter au rock. La preuve avec cet album exceptionnel, le meilleur de sa période avec les Mescaleros et peut-être l'un des meilleurs qu'il ait fait depuis la fin des Clash. Il nous livre au travers de ce disque à sa manière, ses différentes sources d'inspiration : folk, rock et reggae. Chaque morceau est rempli d'une émotion énorme comme il savait si bien en mettre dans ses compositions, tant dans sa manière de les jouer que dans sa manière de les chanter. Que dire d'un morceau comme "Redemption Song", une reprise de l'un de ses maîtres, Bob Marley, qu'il a enregistré en compagnie de l'un des maîtres de la production mais aussi un très bon musicien, Rick Rubin. Un petit bijou joué à la guitare acoustique et au piano. Cet album est indispensable pour tout fan de rock, au sens large du terme. LS
John Watts "Ether Music & Film" (So Real - Zomba)
Une des démarches les plus intéressantes et novatrices que j'ai jamais connue dans toutes ces années passées dans le monde du rock. Pour les plus jeunes on rappellera que John Watts a connu la gloire au sein de Fischer Z il y a une vingtaine d'années mais qu'il n'a jamais arrêté de se produire ni de sortir des albums mais plus confidentiellement. De cette période il reste toujours cette voix particulière et un net penchant pour la pop mémorisable. Les quelques pointes de reggae sautillant se faisant de plus en plus rares. Pour cet album, John a enregistré sa voix, la guitare et des grooves de base et est parti seul, en voiture, sans prévenir, en France, en Espagne, en Allemagne, en Belgique, en Angleterre puis à New-York. Dans chaque pays, il a contacté des gens, s'est rendu chez eux le jour même, souvent les a laissés improviser sur la bande épurée de base puis a procédé à l'enregistrement. Homme de scène, il voulait retrouver l'énergie de la musique produite sur ces lieux. Ce n'est qu'une fois rentré chez lui, que tout a été mis en place. Tout ce processus a été admirablement filmé, en noir et blanc, sous la forme d'un road-movie et le film/dvd (70') est inclus. On le voit chanter sur le toit de Greenpeace, près de la gare du Nord à Bruxelles, enregistrer des rappers en rue à New-York et jouer des choses vraiment géniales avec des musiciens allemands ancrés dans l'électronique. J'ai regardé le dvd avant d'écouter le cd mais la chose a peu d'importance, sinon que les sonorités du dvd sont plus crues, plus organiques, ce qui n'est pas pour me déplaire. D'une idée géniale, John Watts et Sarah Vermeersch (la réalisatrice) sont parvenus à faire deux objets singuliers et réussis. Et Watts mériterait bien un nouveau hit parmi des chansons comme "Jukebox", "Famous, "Over" (superbe texte en plus) ou "Only" qu'Arno devrait apprécier ! CJ
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