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The Chris Danforths "Outside of Outer Space" (Essay Records - Konkurrent)
Un nom audacieux pour un projet audacieux, ceci pourrait presque définir "The Chris Danforths". Avec son premier album "Outside of outer space", Chris Danforth, puisqu'il s'agit d'un projet fort d'un seul homme, essaye de nous emmener dans son espace à lui, avec ses influences à lui et son originalité. Pourrait-on décrire sa musique comme de la pop psychédélique, orchestrale ou même new wave? Pas vraiment, non. Mais il s'agit bel et bien d'un mélange de ces différents styles. Ces styles sont en tout cas filtrés et transformés à travers ce synthétiser analogique, avec lequel Chris joue à merveille. Car c'est bien joué avec ses influences et ces styles que Danforth fait. Il sample, colle, déplace, change et bidouille pour arriver à des compositions originales à souhait et surtout atypiques. Un projet respectable certainement, mais malheureusement Danforth tombe vite à cour d'idées et l'album comme un tout paraît assez court (30 minutes pour dix chansons…). Quoi qu'il en soit, "Outside of Outerspace reste un album surprenant et innovateur dans son style, qui ne manquera de convaincre certains et de titiller les oreilles de beaucoup. En attendant la suite… Niels |
The Dirtbombs "Dangerous Magical Noise" (In The Red - Revolver)
Avec un mélange des genres parfois opposés, The Dirtbombs crée un son et un style qui est totalement unique. Allant chercher leurs influences autant dans le soul, le blues et le rock garage que dans le punk et le funk, il est difficile de décrire la musique de ce groupe explosif de Detroit. De plus, la structure "deux bassistes et deux batteurs" apporte au groupe une section rythmique très puissante, qui amène leur musique vers des limites encore inconnues et qui inspire la danse et le mouvement même dans les lieux les plus serrés et étouffants. Formé vers la fin des années 90, le The Dirtbombs a déjà sorti deux albums "Horndog Fest" et "Ultraglide in Black", respectivement en 1998 et 2001, accueillis moyennement par les critiques. Mick Collins, chanteur-guitariste, n'est pas inconnu dans la scène rock de Detroit. Il a fait partie de nombreux projets en tous genres, dont le plus connu est sans aucun doute Gories qui inspira entre-autres The White Stripes… "Dangerous Magical Noise" le nouvel album de The Dirtbombs, est énergique, chargé du sang, de la sueur et de la hargne qui font la marque de fabrique de Detroit depuis un peu plus de 20 ans. Les guitares tranchantes et vicieuses de Collins et sa bande ne laissent pas de place au répit. Avec des compositions rapides et efficaces, de vrais bombes soulpunkybluesyrock sur lesquelles on passe d'une seconde à l'autre de Stevie Wonder aux MC5, de Hendrix aux Stooges, et cela de façon tellement naturelle que l'ensemble est tout simplement surprenant. Niels |
The Fire Theft "S/t" (Rykodisc Zomba)
Formé de deux ex Sunny Day Real Estate (de chez Sub Pop) et du bassiste des Foo Fighters, ce groupe étonne surtout pas son inspiration, ses influences. En effet, c’est le rock lointain et anglais des Beatles, Pink Floyd, Yes et autres Who qui le trio revisite avec nostalgie. Yes essentiellement pour une voix parfois un peu haut perchée comme Jon Anderson et la guitare délicate qui brode l’atmosphère, les autres groupes pour leur côté planant, mur du son ou riffs durs. Mais certains titres sont aussi pop, fragiles avec des cordes, des cuivres, un piano ou un chœur d’enfants comme soutien. Pour peu, ils passeraient illico dans les "classics rock" et ne devraient pas déplaire aux amateurs de progressif. C’est produit par Brad Wood (Smashing Pumpkins à Tortoise) très à l’aise aussi dans cet univers. J’avoue avoir été dubitatif, étonné au début mais comme on n’est pas payé au cd chroniqué, j’ai pris le temps de bien l’écouter, le réécouter après quelques semaines et pénétrer ainsi un disque qui passe du sombre au lumineux, de la simplicité au grandiose et qui s’avère intemporel. CJ |
The Go-Betweens "Bright Yellow Bright Orange" (Clearspot - Konkurrent)
Second cd issu de la reformation du grand groupe australien, autour de Robert Forster et de Grant McLennan. Et contrairement au premier, ils ont composé ensemble ce petit bijou. Ce qui est presque malheureux c'est d'écrire encore et toujours que ce groupe reste une des merveilles du monde de la pop mélodique soutenue par des guitares. Et qu'est-ce qui empêche ce monde de succomber à ces titres émouvants, beaux et mélodiquement irréprochables ? Faut-il que des personnes responsables de la programmation radio possèdent des chromosomes particuliers pour ne pas fondre en écoutant Poison in the walls, In her diary, Too much of one thing ou Make her day ! Il n'y aura certainement jamais de justice : ils resteront un groupe culte. Et tant pis pour tous ceux qui ratent ce groupe et les albums de Robert et Grant depuis 20 ans. CJ |
The Joykiller " Ready, sexed, go!" (Epitaph PIAS)
Cet album de Joykiller n'est pas un nouvel album mais une anthologie du groupe sur laquelle on retrouve les trois albums du groupe ("Joykiller", "Static" et "three") sortis entre 95 et 97 mais aussi des morceaux sortis sur les albums "The Go" et "Gentlemen Jack" de T.S.O.L.. Pour ceux qui ne connaissent pas, on a à faire à du punk-rock bien énergique, sans fioriture, style Ramones mais en un peu trop classique. L'originalité vient par moments de touches de piano qui délayent l'électricité dans les mélodies. LS |
The Mass "City of Dis" (Monotreme Records - Konkurrent)
Comme s'il réagissait à la conformité et au manque d'originalité croissant de la musique contemporaine, ce groupe californien a décidé de procéder de la sorte: rassembler vingt années de tendances pour créer un hybride angulaire tranchant. No-wave, free jazz, metal, post-punk, trash et rock mathématique sont transformés en une pièce de furie avant-gardiste nécessairement difficile. Plus de vocation instrumentale que vocale, The Mass est une créature encore plus étrange que celle qui apparaît sur la couverture (du cd). Frôlant les limites du ridicule et de l'inutile, volontairement, The Mass nous envoie un pur produit de dérision du plus haut degré, et peut-être de génie. The Mass a le mérite de nous provoquer et de nous interroger. Définitivement excentrique, il est difficile de catégoriser ou de comprendre cette musique sans règles et sans frontière qui pourra plaire à beaucoup comme à personne. En une chanson, le saxophone remplace la guitare tranchante pour une envolée jazzy, sans avertissement, ce qui rend cet album agréablement imprévisible. On ne sait pas vraiment catégoriser ou expliquer cette musique, quelque part entre Mr Bungle et Converge, elle est dynamique et balancée directement par d'excellents musiciens qui, contrairement à certains, n'essaient pas d'être bizarre pour le plaisir de l'être, mais surtout pour jouer ce qu'ils aiment, aussi vaste cela soit-il. Niels |
The Moonshine Playboys "Where The Wild Things Are" (Full House - Bang!)
J'ai découvert ce trio bruxellois (trois frères mais attention : tout le monde porte le même nom de famille - "Cuvelier" - du roadie aux guest !) au Boogie Town en 2002. Un régal. Pourquoi ? Parce que ce qu'ils font, certains y ont peut-être pensé mais eux l'ont fait : reprendre des classiques du rock à la façon country, acadien, cajun armés de banjo, contrebasse, mandoline, guitare acoustique et accordéon ! Et c'est parti pour du square dance sur Fight for your right (Beastie Boys), Caroline (Status Quo), Going up the country (Canned Heat), Born to be wild (Steppenwolf), Stairway to heaven - fabuleux ! - (Led Zeppelin), Bicycle race (Queen)... En tout seize morceaux qui font partie de la mémoire collective. Conscient des perturbations qu'ils risquent de causer, ils ont joint un feuillet bourré d'humour qui commence comme ceci :"pour obtenir le plus de plaisir de ce cd suivez les quelques points suivants. Le premier est : assurez-vous que vos voisins sont : partis; sourds ou vos pires ennemis !" Vous voyez le topo ! Ils donnent aussi des adresses de bons restos et un cocktail le "Tennessee Mud". Santé les gars et merci pour ces bouffées de plaisir ! CJ |
The Mummies " Death by Unga Bunga!!" (Estrus Records)
Décidément, les Mummies aiment les pieds de nez. Même après leur mort. En effet, c'est assez contradictoire de la part d'un groupe comme les Mummies de sortir une compilation de raretés sur un CD, eux qui n'ont jamais sorti dans leur carrière que des vinyls. Mais à côté de ce nouveau coup fourré de nos "momies", on a droit à des titres plus terribles les uns que les autres. Les Mummies sont les véritables "papes" du garage-rock bien sauvage, fun et décapant. Une perle pour tous les amateurs du genre qui n'ont pas toute la collection des Mummies. LS |
The Slackers " Close My Eyes" (Hellcat Records Epitaph)
Comme Joe Strummer était une référence en matière de rock, les Slackers sont eux toujours une référence en matière de ska/rock/reggae. Le groupe nous livre une fois de plus sa mixture si complexe et si riche en influences qui vous font bouger la tête et les jambes. Cela fait 12 ans que le groupe existe et il ne lasse pas. Il faut aussi préciser que le groupe a sûrement l'une des meilleures sections cuivres en activité dans le milieu rock. N'ayez pas peur d'acheter le disque les yeux fermés si vous aimez le genre ou le groupe, vous ne risquez pas d'être déçus. LS |
Tony Allen "Homecooking" (Bang !)
Après un tout bon concert à Couleur Café cette année, je ne peux que vous conseiller de vous rendre à son futur concert dans le cadre de l'Audi Jazz Festival. Présent lors de l'apparition de l'afrobeat avec King Sunny Ade et Fela Kuti, le batteur Tony Allen s'est forgé une réputation d'instrumentiste hors pair et, avec les années, il n'a cessé de se bonifier et de s'ouvrir à de nombreux styles. Avec son irréprochable groupe (plus des percussions, des cuivres ou des cordes selon les titres) et de superbes chanteurs (et chanteuses) le voici dans le funk, le groove, le jazz, la soul (le magnifique "Calling") mais le rap et le hip-hop sont aussi de la partie. Son Afrique, le Lagos n'étant pas oubliés, on se retrouve avec un superbe éventail des "musiques noires". Rien à redire : ceci est de la toute grande classe. CJ |
Type O Negative "Life is killing me" (Roadrunner)
Ce qui est bien avec un groupe comme Type O Negative, c’est qu’on est sûr de ne jamais être surpris de la marchandise. Et donc, comme d’habitude, Type O nous propose un disque doom au possible avec tout ce que cela implique (influence Sabbathienne très marquée, rythmes hyper lents, ambiance déprimante, …). Mais, ce qui permet à TON d’être un des leaders de cette scène et un groupe à part, c’est la voix de Peter Steele, toujours aussi posée et agonisante. Le chanteur/bassiste de la formation parvient, à lui seul, à rendre ce disque encore plus oppressant et malsain. A noter aussi que la production de cet album est excellente, ce qui n’a pas toujours été le cas avec Type O Negative. Un grand cru. John |
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