Mise en ligne le 09/03/2004
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Starflam " Donne-moi de l'amour" (Hostile Records – EMI)
Je ne suis pas un grand amateur de rap à quelques exceptions près. Et Starflam en est une. Pourquoi ? Difficile à dire. Mais ce qui est sûr, c'est que le rap de Starflam est très varié et surtout riche en sonorités différentes. Contrairement à beaucoup de groupes de rap où on a un peu l'impression d'entendre toujours le même morceau et où les paroles sont plus importantes que le reste, Starflam nous propose un travail de très grande qualité. La musique n'est pas spécialement utilisée pour mettre en valeur les paroles. Non, les deux parties sont aussi importantes l'une que l'autre. Un morceau n'est pas l'autre tant la richesse de chaque composition est grande et tant la palette musicale est importante. LS
Starsailor " Silence is Easy" (EMI)
Après un premier album qui fut un succès et après les avoir vus cet été au Pukkelpop, j'attendais avec impatience ce second opus de Starsailor. Et bien, pour moi, il n'y a pas grand-chose à jeter. Le groupe nous livre un album rempli de hits potentiels grâce à des compositions impeccables rehaussées encore plus par la voix magnifique de James Walsh. Il faut dire que le groupe a fait très fort au niveau de la production puisqu'on retrouve aussi bien le légendaire producteur Phil Spector (pour rappel : Beatles, Leonard Cohen mais aussi les Ramones) mais aussi Danton Supple (Morrissey, Suede) et John Leckie (Radiohead, Stone Roses). La mélancolie des morceaux fait penser inévitablement à Tim et Jeff Buckley mais aussi à quelqu'un comme Neil Young. Assurément une très belle réussite que ce deuxième album. LS
Steels "Brainspotting" (Forward - Bang !)
De Dour, célèbre par son festival, voici Steels, une formation qui pratique un noisy rock intense, sombre avec des connotations vers les eighties anglaises. Celles de la dark wave, de la cold wave. Même la belle pochette est un peu de ce style. Parfois, sous d'intenses guitares hypnotiques qui lacèrent un magma de synthés, de batterie et de basse, se développe un univers intrigant, ténébreux, un rien progressif dans la construction de nombreux titres. Une musique qui invite à la vision d'univers cachés (le titre Brainspotting étant, on en est presque certain, une référence au douloureux film Trainspotting) mais on reprochera au groupe un manque de diversité, de percutant. Il y a de bonnes idées mais pas en suffisance pour maintenir l'intérêt sur l'album en entier. Certainement plus impressionnant sur scène. CJ
Stephen Malkmus & The Jicks "Pig Lib" (Domino - Munich)
Rien n'y fera, on ne pourra certainement jamais dissocier Malkmus de Pavement. Et si les membres de ce groupe n'avaient pas habité très loin l'un des autres peut-être existerait-il toujours. L'actualité c'est donc ce second album qui s'ouvre sur un "blues" bien typé car le style de Pavement, on n'en doute plus, c'est du Malkmus. Que ce soit dans les arrangements (même s'ils me semblent plus simplifiés dans The Jicks), dans la voix un peu traînarde, un peu déclamante (comme un jeune Lou Reed) dans ce rock un peu chaloupant, un rien déstructuré, un rien dissonant, tout nous semble déjà familier. Mais quel régal pour tous ceux qui ont, un jour, croisé puis succombé à cet univers et de savoir qu'il ne s'est pas éteint, que la flamme continue de brûler grâce à ce groupe. Si vous aussi vous avez cette musique dans vos gênes depuis dans années, ceci fait partie de la suite logique, du parcours à continuer de faire en compagnie de Malkmus. C'est pas demain qu'il va nous décevoir. J'ai aussi apprécié qu'il remercie son label pour la liberté qu'il lui laisse. Cela compte pour réussir de grandes choses comme ceci. CJ
Steve Earle "Sidetracks" (Artemis Records - Sony)
En plus de ses albums réguliers, le guitariste américain est régulièrement amené à faire des choses "sur le côté". Le fait est que ces chansons se retrouvent éparpillées (musiques de films, b-sides etc….). Ce cd reprend pas mal de titres et navigue dans des nombreux styles : rock ricain, grunge, reggae, celtique, folk… Parmi les invités, c'est aussi divers que Sheryl Crow et les Supersuckers. Les reprises vont de Dylan à Nirvana en passant par les Chamber Brothers. Voilà, un peu du tout mais venant de Steve Earle, rien que du bon. CJ
Strung Out " Live in a dive" (Fat Wreck Chords)
Strung Out est le quatrième groupe que Fat Wreck met à l'honneur dans sa série "Live in a Dive". Et avec Strung Out, ils ne se sont pas trompés car le groupe maîtrise totalement la scène. En plus le son est d'une grande qualité ce qui donne un relief énorme aux compositions toujours très agressives et assez techniques. C'est aussi une forme de best of car le groupe revisite un peu toute sa discographie. Rien de neuf mais la confirmation que Strung Out est une monstrueuse bête de scène. LS
Super Joint Ritual "A lethal dose of american hatred" (Sanctuary)
Voici donc le deuxième album de la bande à Phil Anselmo (Pantera, Down, …) & Jimmy Bower (Eyehategod, Down,…). Ce disque sort à peine un an après “Use once and destroy”, son prédécesseur. Les cinq de la Nouvelle-Orléans ne changent rien à leur recette et continue dans la même direction : du gros metal, très fortement influencé par les ancêtres du hardcore que sont Celtic Frost et Black Flag. "A lethal dose of american hatred" est toutefois plus nuancé que "Use once…" . Les passages rapides sont encore plus old school, les moments de pur headbanging sont plus lourds que jamais et les interludes presque "jazzy", propres aux groupes de Nouvelles-Orléans, groovent comme au bon vieux temps des Allman Brothers ! Cet album me semble bien plus abouti que le premier et devrait permettre à Superjoint Ritual de convaincre encore quelques fans assoiffés de musique ultra heavy jouée par de vrais passionnés. John
Superlux " EP" (Soundstation) - MCD
On avait découvert le groupe via le collectif liégeois Jaune-Orange (voir interview sur le site) et aussi via l'une ou l'autre apparition scénique. Il est vrai aussi que derrière Superlux se cache un trio qui officie déjà derrière Electrolux. Mais ici il nous propose ce que moi j'appelle de la "dance intelligente". La base rythmique est là mais on n'a pas l'impression d'une certaine forme d'abrutissement dû au "beat". C'est plutôt une dance douce, légèrement frétillante, très bien accompagnée sur certains morceaux (3 sur 4 ) par le chant tout en douceur d'Eléna. Je trouve leur musique très organique, une forme de biotope musical composé par les différentes sonorités. Un disque remarquable. LS
Sweet Jane "Full Moon" (Anorak Supersport)
"Full Moon" est subtil, tantôt doux, tantôt âpre, il est à la fois excitant et apaisant. Quatre ans après la sortie du six titres intitulé"Little Bird", c'est à nouveau Christel Mignolet et Rudy Coclet qui réalisent ce nouvel album de Sweet Jane. La même association pour un album surprenant par son sens de la mélodie et par l'originalité de ses compositions. A l'écoute de "Full Moon", la douceur angélique de cette voix féminine fait opposition avec une énergie et une puissance instrumentale retenue, certes, mais efficace. Chaque chanson est particulière, hypnotique parfois, nerveuse d'autres fois, ou encore mélancolique. Des paroles droites, subtiles, souvent métaphoriques mais qui vont si bien avec cet univers froid et chaleureux en même temps… Douze titres travaillés, réfléchis, intelligents, et surtout originaux. En plus, c'est du belge, alors que demander de mieux? Niels
Switchblade "s/t" (Trust No One Recordings - Conspiracy)
Trio basse/batterie/guitare instrumental issu de Suède, Switchblade publie un troisième album sans titre et dont les six longues plages sont simplement numérotées de un à six ! Six plages de stoner rock sonique qui évoque des images sombres, ténébreuses sans pour autant verser complètement dans le gothique. Malgré la chapelle et les couleurs rouges et noires de la pochette. Je m'explique : Switchblade c'est l'échelon entre ce style et un autre, plus dur, plus répétitif, plus hypnotique sur lequel on arriverait près des sonorités de groupes comme Mogwai ou Neurosis. Une musique qui vous pousse vers la transe (le balancement du corps vers l'avant étant inévitable !) et qui demande à être jouée avec un volume puissant. La concentration, l'attention et les yeux clos étant des atouts favorables pour que cette machine vous prouve toute son efficacité. Et vous happe. CJ
Tarmac "Notre Epoque" (Atmosphériques - Bang !)
Second album pour le projet créé par Gaétan Roussel et Arnaud Samuel, membres de Louise Attaque. Et à l'écoute de cette nouvelle perle, on est en droit de se demander où se trouve le futur de Louise Attaque. Ou pire s'il en a encore un ! Ce que Tarmac a donné en deux albums tient du fabuleux surtout avec ce "Notre époque" qui est irrésistible de la première à la dernière chanson. L'incroyable c'est aussi que ce projet se soit trouvé un son aussi original sorte de folk mondial où l'Est, la Méditerranée, un peu de dub et la chanson française s'unissent avec bonheur et beauté. Avec l'utilisation du mélodica et du violon comme instruments gimmick de référence. Tarmac c'est une musique riche en rythmiques, en mélodies, en trouvailles, aux explosions contenues et sur laquelle une production raffinée s'est posée. Un des grands albums de 2003. Si pas l'album de l'année ! CJ
The Business " Harcore Hooligan" (Burning Heart)
Ces anglais sont nés en même temps que le punk, c'est-à-dire au environ de 78 et se sont reformés il y a quelques années (en 1995 pour être précis) et nous livrent ici un de leurs innombrables albums tant le groupe est prolixe. Ici, l'album tourne autour d'un thème : le football, une de leur passion avec la musique. Tous les sujets sont abordés en véritables fans de la classe ouvrière (et ceci ne doit pas être pris dans un sens péjoratif). Sinon, musicalement, c'est du vrai punk anglais millésimé, sans surprise, ni mauvaise, ni bonne. LS
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