Mise en ligne le 09/03/2004
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1208 "Turn of the Screw" (Epitaph)
Toujours bien dans la lignée de ce que certains qualifient de "melodic punk", "emo-punk" ou encore "skate punk", le deuxième album de 1208 ne devrait pas décevoir les amateurs de ce type de musique. En effet, Turn Of The Screw, qui sort pour l’Europe ce 9 février chez Epitaph, c’est une petite quarantaine de minutes d’un punk plutôt bien ficelé qui allie un chant assez mélodique à des riffs de guitare très carrés. Parsemé aussi de quelques solos toujours très fidèles au genre, l’album est efficace sans pour autant épater ! Ce n’est à mon avis pas l’occasion d’une découverte hors du commun même s’il est assez bien fini. En gros, on peut dire que 1208 remplit sa mission sans pour autant offrir de réelle surprise et les amateurs ne s’en plaindront pas d’autant qu’on n’en attend pas forcément plus. Pour rappel, 1208 démarre en 1995 dans le sud de la Californie. Leur premier album sort en 2002 et le groupe est déjà bien perçu dans le milieu puisqu’ils entretiennent des relations avec Fletcher Dragge, guitariste de Pennywise qui est en fait un des co-producteurs à l’origine de la sortie du premier album de1208. En ce qui concerne les éventuelles dates de concert, il n’y a semble-t-il, rien de prévu dans l’immédiat car le groupe tourne apparemment toujours dans sa Californie natale! Pour plus de news, rendez-vous sur www.1208music.com ! Malik
90 Day Men "To Everybody" (Southern Records – Bang!)
"the 90 day men" opte pour une toute nouvelle voie sur "to everybody". Autrefois, on pouvait ranger leurs sorties pas très loin de nos albums de sonic youth, à côté de ce genre de rock agressif et cérébral. "to everybody", pour sa part, abandonne totalement l'agressivité pour naviguer profondément dans un océan mélodique et minimaliste. Si de longs morceaux aux longs passages instrumentaux dominent "to everybody", "the 90 day men" évite ce qui a caractérisé ce genre de musique depuis quelques années. Contrairement à Sonic Youth qui utilise les guitares plutôt tranchantes et directes pour atomiser ses univers, "90 Day Men" utilise désormais le piano pour créer les structures de leur musique et cela d'une façon magnifiquement surprenante. C'est bien le piano qui apporte tout le charme aux compositions, avec une rythmique très originale et recherchée, chose de plus en plus rare pour les groupes utilisant cet instrument de nos jours. "90 Day Men" construit des chansons romantiques, poétiques, cérébrales, un rock progressif instrumental et mélodique dont l'impression générale est davantage celle d'un album hors temps qui prend toutes ces anciennes musiques et les exprime, les modifie avec caractère et confiance. Dommage que "to everybody" se limite à 6 pièces et 38 minutes. Niels
Adrian Boult "Presents" (Soundstation – Distrisound)
Ce groupe liégeois, techniquement très au point, reste un de mes meilleurs souvenirs du festival de Nandrin de cette année. Emmené par la belle voix de Delphine, le groupe joue une sorte de rock pop alternatif, léger, sans trop de secousses, qui se développe dans des ambiances souvent feutrées. Les guitares sont limpides, sonnent claires et n’envahissent jamais. Elles forment l'accompagnement principal avec les claviers. A signaler aussi la présence de quelques invités aux cordes, sax et didjeridoo et un morceau fabuleux intitulé "Monster". On trouve aussi un cd bonus (cd-rom). Ils y ont placé quelques remixes, quelques inédits dont certains chantés par une voix masculine et franchement, je ne sais pas qui a fait la sélection, mais il y a encore de meilleurs titres sur ce cd. Qui se révèle aussi plus varié. Enfin, le principal c’est qu’ils soient tous disponibles sur ce premier envoi qui bénéficie d’une très belle présentation et d’un tout aussi beau livret avec les paroles. CJ
Anthrax "We’ve come for you all" (Nuclear Blast)
Anthrax est de retour et ça va faire mal! En tout cas, dès le premier morceau de ce nouvel opus, aucun doute ne peut subsister : Anthrax est resté Anthrax. On a donc droit à du trash-metal de première bourre. La batterie est toujours aussi puissante, les rythmiques de Scott Ian sont encore plus diaboliques que par le passé. D’ailleurs, en y regardant de plus près, même les titres des chansons ne laissent planer aucun doute sur les intentions du groupe : "Taking the music back", "Refuse to be denied" et "We are a happy familiy" ! Anthrax est donc au mieux de sa forme sur cet album et nous prouvera la même chose sur scène (cf "Graspop Metal Meeting"). De plus, il y a un bonus de taille sur ce disque pour tout metalhead qui se respecte : Dimebag (Pantera) vient prêter main forte à Scott Ian sur deux titres ("Strap it on" et "Cadillac rock box"). John
A.S. Dragon "Spanked" (Tricatel - Bang !)
Derrière ce nom se trouve le groupe qui accompagne d'habitude le chanteur français Bertrand Burgalat et pour ce premier album ils se sont adjoint une chanteuse (Natacha Le Jeune) et réussissent d'emblée un joli coup. Le groupe plonge dans un rock sur lequel guitares et claviers s'en donnent à cœur joie derrière la voix féminine, tout cela dans un esprit de fun, de secousses, de tressautements. Un peu dans l'esprit eighties des B 52's pour ceux qui s'en souviennent mais avec aussi des rappels vers les Dandy Warhols. L'excellent single "Mais pas chez moi" (le cd se termine par une version anglaise de ce titre) qui passe régulièrement sur Radio 21 n'est pas très représentatif du reste - souvent chanté en anglais - mais n'ignorez pas ce rock un rien décadent, un peu glam qui apporte un souffle nouveau sur le rock français digne d'être exporté. CJ
At The Close Of Everyday "If you spoke to me" (Volkoren)
Groupe néerlandais, At The Close Of Everyday nous offre une pop lente, langoureuse, doucement triste et mélancolique, mais vraiment belle. Des morceaux résolument acoustiques, sans grandes prétentions, d'une belle simplicité nous emportent dans leur univers, un monde que l'on imagine vaste, étendu, un monde en perpétuel coucher de soleil, longues soirées d'hivers dans une nature froide et pure… Il y a de tout ça dans les morceaux de ces Néerlandais. Une voix tendre et grave, des mélodies agréablement monotones, un timbre qui paraît désespéré, tout cela sur des guitares presque liquides, intouchables, une batterie qui essaye de s'effacer pour laisser place aux chuchotements du brouillard qui les entoure… Cet album n'a certainement pas été fait pour amuser et distraire, mais probablement pour accompagner les moments cafardeux, pour se souvenir du passé ou pour essayer de combler les solitudes. At The Close Of Everyday joue avec nos émotions, les mélange, cela d'une manière agréable, comme s'il s'agissait de l'amour en musique. Intimité, bien-être, triste beauté, paysages hivernaux, isolement, réflexion, et amour… Niels
Bai Kamara Jr "Living Room / Intrinsic Equilibrium" (Progress - Bang !)
Ce chanteur guitariste compositeur africain est sorti du néant bruxellois via un étonnant "Downtown St Josse" que Marc Ysaye n'a pas hésité à programmer sur Radio 21. Depuis le chanteur a fait du chemin avec des apparitions au Boogietown et à Couleur Café. Avec des groupes différents. Sur ce premier album ce sont essentiellement sa voix et sa guitare acoustique qui accompagnent ses chansons. Seuls quelques autres instruments viennent le seconder avec délicatesse. Car tout l'album baigne dans une ambiance intime, fragile qui permet au chanteur de faire passer ses messages d'espoir, de justice équitable, de respect. L'appel d'amour d'un bluesy-funky-folk-singer africain. CJ
Baiki "Do It Yourself" (contact : Philippe Bailly : Chaussée de St-job 312 à 1180 Bruxelles. 02/374 32 26 et www.phil.baiki@belgacom.net)
Baiki ou la nouvelle incarnation de Philippe Bailly que l’on avait déjà croisé au sein de Kermess et de Vlot Vooruit. Stakhanoviste de l’indépendance farouche, tout est, depuis la confection du disque jusqu’au démarchage de dates de concerts en passant par la vente/distribution, fait en interne. Et cette troisième production (après "Baïki", cd 5 titres en 2001 et "To Sa Baïki" en 2002) de rappeler par son titre "Do It Yourself", ce choix philosophique, plus facile à disserter qu’à assumer au jour le jour. Aidé dans son projet par un parterre de musiciens (d’amis ?) d’horizons divers (Clover’s Chloé, Dassin’s Brothers…), Baïki entérine le meilleur des expériences musicales passées de Bail(k)ly mais conserve cette indécision heureuse au niveau du chant, décliné au choix en français, anglais, espagnol ou encore en polonais ! Une oreille distraite le rangerait hâtivement du côté du folk rock à la française (Louise Attaque et consort…) ou du folk rock tout court (remplissez les cases vous-même) voire, chercherait les correspondances avec la chanson néo-réaliste tant les textes puisent leur substance dans un terreau social abordé sous un angle poétique, heureusement dénué de tout misérabilisme. L’humour pointe son nez comme sur ce "Positive" en forme de clin d’œil au grand Jacques tandis que la figure de l’inénarrable Billy Bragg ou même du regretté Joe Strummer (dans la veine de son album inachevé : "Streetcore"), transparaît en filigrane derrière certains titres ("Rover"), pas seulement ceux chantés dans la langue de Shakespeare. Les emprunts celtiques ne cèdent jamais à la facilité confortable du cliché et d’une manière générale, les "ajouts musicaux exotiques" n’ont rien de folklorique et viennent véritablement enrichir l’univers de Baïki., représentant unique d’un folk internationaliste d’ici. Reste quelques réserves pour les textes (ah ce bon vieux ciel plombé de Belgique !) et pour la mise en boite d’une musique, un peu à l’étroit, qui trouve sa véritable dimension sur scène. Yannick Hustache
Bang Gang "Something Wrong" (Recall - Bang !)
L'Islande nous surprendra donc toujours. Derrière Bang Gang se trouve un redoutable touche à tout du nom de Bardi Johannsson. Chanteur-compositeur multi instrumentiste, il s'est entouré d'éléments valorisants tels que des cordes, des chanteuses (dont Karen Ann), un chœur féminin, pour sortir un premier album vraiment superbe avec des mélodies infaillibles et des voix parfaites. Douze titres, dont une reprise de "Stop, in the name of love", que l'on qualifiera de pop mais qui se situent dans des registres variés : acoustique, crooner (Contradictions), planant, évanescent. Et malgré le nombre parfois imposant de musiciens, l'ensemble reste délicat. Il se dégage une paix, des beautés, des joies… une sorte d'état second vous emporte vers les espaces déserts d'une Islande énigmatique sur des titres comme "Forward and reverse" ou "Find what you get". Dès que le trip est terminé, on effleure la touche "play", on se recale et le voyage recommence. A découvrir. CJ
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