Sculpteur, dessinateur, peintre, photographe.

 

Se mêler de ce qui ne me regarde pas.

 

Depuis quelques dizaines d’années, les arts plastiques sont devenus un laboratoire pour les spécialistes issus de milieux universitaires, ceux-ci publient sous forme de théorisations leurs visions post-moderne de la création artistique.

J’approuve l’ouverture et je reste humble devant mon inculture, mais…

Les valeurs culturelles ainsi que la réflexion autour du sens des œuvres d’art sont devenues pour tous ces spécialistes, un terrain de bataille dans le but dinfluencer, positivement le monde artistique.

Ils y arrivent la plupart du temps.

D'ailleurs, je collabore avec des universitaires dans le cadre du cours de sculpture que j'enseigne à l'école supérieure des arts de la Ville de liège.

Mais je souhaite préserver la responsabilité de la formation globale de l'étudiant, en tant qu'artiste,  et non l'inverse...

 

On annonce la mort de la peinture, des arts pratiqués dans la tradition et la fin des avant-gardes comme phénoménologie de l’historicité artistique.

Ils ne sont d’ailleurs pas du tout d’accord entre eux, et je n’en veux pour preuve que les polémiques qui secouent depuis quelque temps le monde des penseurs en arts plastiques, entre livres interposés. Aristotélicien ? Platonicien ? Voilà la question.

Et ce ne sont pas là les seuls points de discordes. Tout le monde veut sa part du gâteau. L'art, c'est chic.

 

Pourtant, éduquer les artistes à concevoir leurs œuvres de façon sémantiquement et sémiotiquement art actuels leur semble la meilleure façon de recréer les conditions nécessaires qui permettront l’avènement de la deuxième « Renaissance ».

De plus en plus « danimateurs culturels "proposent aux artistes de travailler autour de thèmes récurrents actuels, thèmes qui sont d’abord pensés par les tenants du Savoir philosophique, et non plus par les artistes mêmes.

Les artistes devenant de ce fait les petites mains faire-valoir, dont le concepteur retire toute l’aura et acquiert de ce fait la qualité de Super-Artiste.

En réalité, ces mêmes décideurs souhaitent éradiquer des "manières de penser la peinture" et de pratiquer le métier d'artiste.

 

Ils souhaitent installer à la place un art qui fait appel aux matières qui donnent du « sens à l’œuvre d'art ». Matières traditionnellement enseignées à l'Université (sociologie, ethnologie, philosophie, etc.).

De fait, on fait d'une pierre deux coups, en effet, on justifie ainsi le glissement de la gestion scientifique spécialisée (de préférence universitaire) des domaines artistiques et on canalise les contenus des créations artistiques dans un camaïeu "d'art actuel ».

On a simplement oublié les diktats religieux qui prévalaient dans les domaines artistiques à la Renaissance, pour les remplacer par d autres, plus philosophiquement actuels.

Pour avoir une chance d’exister aux yeux des décideurs culturels, il faut donc avoir assimilé les bases de « cette nouvelle culture artistique » et la restituer avec l’approbation du jury.

Bêler Art actuel ? Voilà la question.

 

Moi aussi je suis un artiste qualifié « art actuel », moi aussi je suis philosophe, écrivain, sociologue, de manière iconoclaste bien sûr, mais n' empêche que je saisis le droit de le prétendre.

À moi la liberté de pratiquer un art de « pure subjectivité», décoratif ou intellectuellement plus élaboré; de créer des installations ; de pratiquer un métier d’art que l’on voudrait voir disparaître.

 

Le nettoyage ethnique que l’on opère à l'encontre des artistes, qui se situent hors des champs de l’art actuel, n’est certes pas volontaire de la part des responsables culturels, mais est plutôt le résultat d’une perte d’autonomie de penser des artistes et aussi d'un manque d'ouverture des artistes.

 

 

Pour fustiger le manque de tolérance de la société dans les années soixante, Alain-Robbe-Grillet disait:

« La pornographie, c’est l’érotisme des autres…»

Que l’on ne se méprenne pas, j’aime l’art « actuel », je défends la liberté de création. J'ai d'ailleurs été le premier à vouloir, dans le cadre de mes cours de sculpture à l'école supérieure des arts de la Ville de liège, une adaptation de ceux-ci vers une formule art-socio environnementale.

Mais il ne me semble pas exagéré de prétendre que la gestion du domaine des arts en général souffre d’un manque de gestion démocratique.

La promotion de l’art actuel a eu un effet pervers, la présence de plus en plus rare d’artistes non répertoriés « art actuel » dans des manifestations ou des lieux financés par les pouvoirs publics, à induit chez le spectateur l’idée « de mort ethnique de la peinture ».

 

 

 

 

Écrivain.

 

 

Je m’amuse beaucoup de l’ajout de textes d’emprunts ou dont j’écris personnellement les textes, présentés à côté de l’œuvre plastique. Bien sûr, cela ne fait pas de moi un écrivain, mais plutôt un écrivant en art plastique.

Certains pensent que la peinture, la sculpture, le dessin, la musique n’ont rien à voir avec l’écriture?

Métaphoriquement, c’est tout le contraire.

 

 

Photographe.

 

Le travail que j’ai entamé avec la photographie me permet de créer des œuvres hybrides

où la peinture et la photographie trouvent un terrain de bataille.
Le caractère, réalisme-objectif de la photographie confrontée au geste pictural,

« Sensation subjective », dans le même champ visuel, me permet métaphoriquement d’exprimer

la victoire de la peinture.

En effet, le temps va voir s'estomper la photographie, sans disparaître, alors que la

peinture restera, elle, plus visible.

Ce qui permet à l’œuvre d’accéder à une formulation de « con-création », l’œuvre n’étant pas achevée lors de la

première vision l’artiste étant le « créateur », elle poursuivra, seule sa propre « création ».

 

 

Musicien.

 

C’est plutôt le  « chant » interdisciplinaire qui m’intéresse. Tirer une note de musique d’un instrument, s’apparente clairement à un coup de pinceau. La même sensation érotique est nécessaire à l’authenticité du geste. Le peintre féconde la toile, le musicien son instrument.

La musique permet des vibrations corporelles sublimes, l’interprétation de textes poétiques me permet de donner de la voix dans un domaine ou les analphabètes se tiennent plutôt  « coïts ».

 

 

                                                                                             Dario Caterina.